Communiqué de l’Union Départementale CGT de la Charente suite au premier tour des élections régionales.

Le 1er tour des élections régionales a marqué la victoire d’un parti qui prend de plus en plus de place, « le parti des abstentionnistes ». Avec 51,31% d’abstention, la Charente confirme cette nette victoire qui ne nous donne pourtant aucune satisfaction. Quand plus d’1 électeur sur 2 préfère ne pas s’exprimer, c’est qu’il ne trouve plus dans ce monde politique les idées qu’il souhaite soutenir, et cela doit fortement interroger les différents partis. Nous ne pouvons que regretter cet état de fait. Mais si voter est un droit constitutionnel pour lequel nos anciens ont payé de leur vie, avoir une représentation politique digne de l’attente du peuple implique aussi que celui-ci investisse l’espace public et politique et prenne son destin en main. Si l’offre politique ne satisfait pas, créons celle qui répondra à nos attentes. Et ne nous laissons pas berner par les oripeaux des chemises brunes du FN.

C’est là le second enseignement de ce 1er tour, une vague noire sans précédent en France comme en Charente qui déferle dans les urnes. Les idées fascistes et xénophobes de l’oligarchie « Le Pen », véritable PME vivant au crochet des aides publiques d’Etat, ont trouvé un écho en Charente dont l’explication est parfois difficile. Les résultats du FN dans certains villages charentais traduisent ce sentiment de peur de « l’autre » que les médias et la classe politique ont su massivement diffuser. « La peur, elle fait l’amour avec l’horreur » chantait l’idole des moins jeunes, l’horreur des attentats de cette année, qui ont été l’engrais fertilisant pulvérisé sur un terreau déjà bien marqué par des relents nationalistes. En soufflant sur les braises de la peur, le FN joue une partition bien huilée où « l’autre » est la cause de tous les maux. Et quand le gouvernement actuel joue la même partition que les précédents, détruisant les acquis sociaux des salariés et le Code du Travail par les lois Macron et Rebsamen notamment avec le soutien de syndicats « réformistes », détruisant les Services Publics alors qu’aujourd’hui chacun peut constater leur manque criant dans les territoires, détruisant les repères de la République et de la Révolution Française avec la Loi NOTRe, il souffle aussi sur ces braises. Ceci explique aussi pourquoi les salariés, déboussolés, se tournent vers le mirage FN. Un nombre important de salariés pensent y trouver les réponses et solutions aux difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Mais dans « extrême droite », il y a certes extrême mais aussi droite. Le FN n’est pas un parti comme les autres et constitue une grave menace pour la démocratie. Son programme économique est une imposture sociale qui n’a pour but que la destruction du Code du Travail et une politique ultralibérale. A cet égard, la page 67 de son programme est claire, il ne veut plus des syndicats qui pourraient empêcher la mise en œuvre de sa politique et éveiller les consciences.

C’est là le rôle de la CGT. Éveiller les consciences, défendre les salariés et porter des revendications sociales pour gagner de nouveaux droits. Eveiller les consciences en combattant l’extrême droite, le racisme et le fascisme sous toutes leurs formes. Éveiller les consciences en réaffirmant nos principes de partage, d’égalité, de défense des diversités et de lutte des classes. Elle est et restera l’organisation syndicale qui, aujourd’hui, porte de véritables revendications prometteuses d’avancées sociales. Revendiquer une réduction du temps de travail à 32h hebdomadaires avec le même salaire pour permettre un meilleur partage du travail, offrant un emploi à ceux qui en sont pour le moment exclus et permettant à ceux qui sont précaires de pouvoir s’installer dans un vrai emploi. Partager le temps de travail, pour offrir à chacun du temps pour soi. Réduire le temps de travail pour anticiper l’arrivée du numérique et la destruction des emplois qu’elle implique. Travailler toutes, travailler tous, travailler mieux et travailler moins ! Revendiquer une véritable sécurité sociale professionnelle, en portant l’objectif d’un nouveau statut du travail salarié avec comme colonne vertébrale une sécurité sociale professionnelle constituée de droits individuels et garantis collectivement. Revendiquer un SMIC à 1800€ bruts mensuel et une augmentation générale des salaires et des pensions, seule solution pour sortir notre pays de l’ornière austéritaire où nous emmènent nos gouvernants. C’est là ce que nous voulons, ce que nous revendiquons, ce que nous attendons que les politiques mettent en œuvre.

Alors dimanche, chacun votera ou pas selon son choix, selon ses convictions, mais tous sauront que quel que soit le résultat, la CGT en Charente sera présente et continuera le combat contre l’extrême droite et pour faire gagner les revendications portées par les salariés.

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