LE POUVOIR DE VIVRE ! Toujours en perte de vitesse…

Selon le gouvernement et l’INSEE les prix auraient baissé de 0,4% au mois de juillet 2015. Ainsi, les chiffres publiés à la mi-août confirmeraient que l’inflation ce serait terminé !

Les prix à la consommation seraient stables : + 0,2% sur un an. Pour la deuxième année consécutive la hausse des prix serait inférieure à 1% sur l’année.
Pourtant, certains produits continuent d’augmenter plus vite que l’inflation : timbres poste, journaux, électricité… Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?

Logement

Il manque 1,5million de logements en France

3,4millions de Français vivent en situation de mal-logement : surpopulation familiale, logements insalubres ou indignes, jeunes hébergés dans leur famille, salariés vivant dans des habitats précaires…

1,3 millions sont demandeurs de logements sociaux et chaque année, le nombre de logements nouveaux nécessaires est estimé à 500 000.

Les prix du logement ont doublé depuis 2 000 et les loyers ont suivi cette escalade. Dans les grandes villes, la situation pour les populations les plus modestes devient dramatique. Les vraies causes de la crise financière sont liées à la recherche sans fin de la rentabilité, et à la récession sociale imposée depuis 25 ans aux salariés.

La loi SRV (Solidarité Renouvellement Urbain) et le plan de cohésion sociale de construction de logements locatifs sociaux n’a pas vraiment décollé et les problèmes de mal logement perdurent.

L’accès pour tous à un logement décent est au cœur des revendications de la CGT. La CGT revendique une quittance (loyer et charges) ne dépassant pas 20% des revenus.

Énergie

Un droit au développement humain durable permettant de répondre aux besoins d’aujourd’hui sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

Des inégalités sociales, économiques et territoriales qui risquent fort de s’aggraver. Car le service public français de l’électricité et du gaz est l’objet d’un véritable dépeçage, au bénéfice du secteur privé, et au nom de la sacro-sainte concurrence.

EDF demandait 8% d’augmentation, il n’y aura que 2,5 % à partir de juillet 2015. Au final c’est encore aux consommateurs de payer la facture ! Mais cela n’est pas encore suffisant pour EDF. Elle plaide depuis des années pour le relèvement très vigoureux des tarifs fixés par l’État, afin de financer la modernisation de ses centrales.

La Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE), taxe payée par tous les consommateurs représente environ15% du montant de la facture annuelle d’électricité. Elle doit servir au financement de l’énergie renouvelable : installation de parcs éoliens, de méthanisation, de panneaux photovoltaïques, etc.

L’électricité a augmenté de 49% en sept ans. La facture annuelle moyenne passant de 941€ en 2007, à 1403€ en 2014. Chiffres d’autant plus alarmants que près de 4 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique. Au moins 8 millions de personnes consacrent plus de 10% de leurs revenus aux dépenses d’énergie pour le logement.

La précarité énergétique qui est un marqueur de l’exclusion sociale, engendre des conséquences sur la santé physique et mentales, sur les conditions de logement, sur la vie quotidienne.

L’énergie est un produit de première nécessité et personne ne devrait en être privé. Nous revendiquons un droit à l’énergie pour tous.

Santé

Il apparaît indispensable d’insister sur la nécessité d’une politique globale du médicament. En effet, le médicament n’est pas un produit comme les autres, il s’agit d’un bien commun de l’humanité. Il est donc de la responsabilité des pouvoirs publics de contrôler cette industrie qui ne peut relever de la seule logique de la gestion financière et marchande.

En effet, le contexte actuel est caractérisé par des dérives inquiétantes. L’industrie pharmaceutique en vingt ans de restructurations et de fusions est devenue aujourd’hui une des industries les plus rentables du monde. Les deux autres tares du système actuel sont d’une part la main mise de l’industrie pharmaceutique sur les agences gouvernementales, d’autre part son contrôle quasi exclusif de l’information et d’une bonne partie de la formation des médecins. Différents scandales récents – comme celui du Médiator® ‐ sont là pour mettre en lumière la dépendance financière des experts siégeant dans ces différentes structures. Par ailleurs, l’essentiel de la recherche est contrôlée par l’industrie.

Le rôle de l’industrie est de développer, de produire et de commercialiser des médicaments efficaces et utiles pour les patients. Or, aujourd’hui des milliers de produits ont le statut de médicament et ne répondent pas à ces critères.

Face au lobby de l’industrie, tous les gouvernements ont refusé d’aller jusqu’au bout de la réflexion : si un produit est un médicament, il doit apporter une véritable valeur ajoutée thérapeutique et dans ce cas il doit être pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Dans le cas contraire, il ne peut être question de prendre des mesures aussi ridicules que le remboursement à 15 % de certains produits en raison de leur « service médical rendu » trop faible, ils doivent perdre l’appellation médicament et être totalement déremboursés. Mais attention, même après avoir perdu le statut de médicament, les produits qui continueront à être vendus dans les rayons « bien-être » ou « alimentation » devront rester sous le contrôle sévère des pouvoirs publics parce qu’ils restent potentiellement dangereux.

La santé n’a pas de prix, le médicament n’est pas un bien marchand comme tout produit de première nécessité, il est un bien commun à l’humanité.

Carburants

Depuis le début de l’été, les automobilistes se réjouissent d’une facture à la pompe plus légère. Les compagnies pétrolières ont profité de ce contexte favorable pour rebooster leur activité raffinage consistant à transformer le pétrole brut importé en différents produits à l’exemple du gazole ou de l’essence sans plomb. Comment ? En gonflant leurs marges tout au long de l’année 2015.

En France, 3 compagnies pétrolières : la française Total avec cinq des huit raffineries, l’américaine Esso et la sino-suisse Peroineos.

Les automobilistes français ont consommé 33 milliards de litres de carburant depuis le début de l’année et ont dû sortir 1,3 milliards d’euros supplémentaires de leur porte-monnaie sur l’ensemble des passages à la pompe, pour le plus grand bonheur des pétroliers.

Les consommateurs une fois de plus, paient la facture avec un prix du carburant qui n’est pas en rapport avec le coût de production, et par la perte d’emplois dans notre pays qui compte dix millions de chômeurs et précaires.

Pour les consommateurs, c’est la double peine, ils paient la casse sociale et un carburant trop cher.

L’effort demandé aux ménages n’est plus acceptable. Il faut travailler sur la transparence des prix tout comme dans le secteur de l’énergie. Un dispositif de blocage des prix des carburants doit être mis en place à partir d’un plafond qui doit permettre le maintien du pouvoir d’achat des plus défavorisés. L’État doit jouer son rôle en diminuant les taxes, les pétroliers réduire leurs marges.

Assurances

Depuis des années, leurs tarifs ne cessent d’augmenter avec des hausses voisines de 3% entre l’été 2014 et l’été 2015, selon l’INSEE. Un phénomène que les assureurs expliquent en soulignant que les remboursements leur coûte de plus en plus cher, en raison notamment de l’accroissement des dépenses de santé et des catastrophes naturelles de plus en plus nombreuses.

Fi des profits réalisés par les groupes financiers.

Fruits et légumes

En moyenne, ils ont augmenté de 6 % en un an. Ils font partie des produits agroalimentaires dont les prix ont le plus augmenté depuis quinze ans alors que la faculté recommande d’en manger au moins 5 par jour.

Les petits producteurs sont actuellement dans l’action pour assurer la rémunération de leur travail. Les intermédiaires et grandes surfaces sont responsables de cette situation en s’assurant des marges indécentes.

Les consommateurs le constatent chaque jour en faisant leurs commissions. Le MODEF en a fait la brillante démonstration en vendant à prix juste le 20/8 en Ile-de-France plus de 50 tonnes de fruits et légumes de saison.

Réparations

Les ventes de produits électroniques et de l’électroménager sont en baisse alors que le nombre des réparations n’arrête pas de grandir. Il a par exemple augmenté de 3,9 % en un an pour les appareils ménagers. De même, l’entretien et la réparation des voitures figurent parmi les services dont les prix ont le plus progressé ces dernières années : + 78 % depuis 1998. Alors que près des deux tiers des français utilisent leur véhicule pour aller travailler, par défaillance de transports en commun adaptés à leurs besoins : horaires, les pannes à répétition et fermetures de gares de proximité.

Timbre poste

Augmentation de + 8,8 % en un an et les tarifs du courrier doivent encore progresser de 3,6% le 1er janvier 2016. L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (l’ARCEP)a, en effet, autorisé en juillet 2014 La Poste à relever ses prix moyens de 5,2 % par an, pendant quatre ans. Ces hausses doivent permettre à La Poste de limiter la “dégringolade” de son chiffre d’affaires provoqué par la chute des volumes de lettres et de colis échangés. Cette augmentation sert aussi à faire financer par les usagers son activité financière.

Plus le prix du timbre est haut, plus les ventes reculent et plus il touche les familles et les personnes âgées n’ayant pas les moyens d’investir dans un équipement informatique permettant l’utilisation des courriels.

Transports

En un an, les tarifs des transports ferroviaires ont augmenté de 3,7 % selon l’INSEE sans que les usagers puissent connaître le prix réel du kilomètre. C’est la non transparence qui règne en maître à La SNCF. De plus, elle estime indispensable de faire grimper ses tarifs, sous couvert d’achat de nouvelles rames. Pourtant, la Loi Macron entend supprimer les lignes inter-cités jugées “non rentable” répondant ainsi aux lobbies des entreprises routières.

Cette mesure se fera au détriment de la sécurité et du confort des passagers, de leurs conditions de vie, avec une durée de transport supérieure au train pour aller au travail, au lycée, etc., et sans parler de l’impact environnemental.

Le déplacement de personnes et de marchandises est un droit fondamental qui confère aux transports un caractère d’intérêt général.

  • Un développement des transports collectifs sur tout le territoire en déterminant au cas par cas le mode le plus pertinent, notamment en ce qui concerne les critères de développement durable.
  • Une amélioration de la qualité des services.
  • Le droit à l’accessibilité pour tous types de situation de handicap fonctionnel, facteur d’amélioration de la qualité de vie de toute la population.
  • Une politique tarifaire qui rende l’ensemble des transports accessible à toutes et à tous.

Journaux

Sont eux aussi tentés de remonter leurs prix pour faire face à la crise du papier et de a publicité, en espérant que la plupart des lecteurs leur resteront fidèles. La hausse moyenne a atteint 1,3 % en une année.

Depuis 1998, le coût des journaux a augmenté de 49 %, à comparer une hausse générale des prix de28%.

Hôtels

Les prix montent régulièrement, qu’il s’agisse des hôtels ou des résidences de vacances. La hausse a frôlé 2 % ces douze derniers mois.

Matchs de foot

Au printemps, l’annonce avait fait grincer des dents les supporters. Le PSG n’est pas revenu pour autant sur sa nouvelle politique tarifaire. Pour financer la rénovation du Parc des Princes, sa sécurisation et l’achat de joueurs à prix d’or, le club français contrôlé par le Qatar a revu sa grille des tarifs. Si l’équipe réussit le parcours prévu, les abonnés de la catégorie la plus basse devront acquitter 17 % de plus que l’année précédente. Un exemple symptomatique de l’inflation dans ce que l’INSEE nomme les “services récréatifs” (+ 2,6 % sur un an), alimenté par le succès de certains spectacles sportifs.

D’après les statistiques de l’INSEE, si l’année 2014 et les huit premiers mois de 2015 ont vu une légère progression du pouvoir de vivre dignement, elle fait suite à plus de trois années de baisse consécutive.

Selon une étude proposée par 60 millions de consommateurs en septembre 2014, ces cinq dernières années, le pouvoir de vivre a diminué de 4 % pour les ménages.

Plus que jamais la hausse des salaires, des pensions et des minima sociaux sont à l’ordre du jour.

Des solutions existent pour combattre le développement de la précarité. Le partage des richesses doit permettre à tous de vivre décemment avec en particulier l’accès au logement, à l’énergie électrique, au gaz, à l’eau, pour tous. C’est un droit indéniable, droit fondamentale et pris en charge solidairement.