Communiqué de presse du syndicat CGT des travailleurs réunis de DCNS RUELLE.

Comment une entreprise nationale comme DCNS, avec un carnet de commande de près de 14 milliards d’euros, une trésorerie approchant les 2 milliards d’euros, peut-elle s’engager dans un plan social visant à réduire son effectif de près de 2000 personnels ?

Le PDG de DCNS, H.GUILLOU déclarait récemment dans la presse :
- « On en a cinq (FREMM) à faire d’ici à 2019 », explique Hervé Guilloux, PDG de DCNS. « À cela s’ajoutent deux FREMM équipées pour la défense aérienne pour 2020 et 2022. Quant au programme FTI, qui doit répondre aux attentes de la Marine nationale et être aussi exportable, la première frégate sera livrée en 2023. Cela va donner dix ans de visibilité au bassin d’emploi de Lorient et va aussi bénéficier, par exemple, à Nantes-Indret pour les équipements. » SNLE de 3e génération. Le président de la République a redit, récemment, l’importance de la dissuasion française. « On a de quoi se réjouir, lâche Hervé Guilloux. Cherbourg va pouvoir poursuivre les études du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3e génération… »*

Comment imaginer que ce même PDG s’apprête à mettre en place un P.S.E sous couvert de la négociation ?

Comment imaginer une négociation franche et loyale alors même que le DRH central déclare ouvertement que la loi lui offre la possibilité de dénoncer unilatéralement l’accord d’entreprise ? (merci l’A.N.I du 11 janvier 2013 et ceux qui l’ont porté et signé !) ?

Et pourtant, c’est bien là la teneur du projet d’accord de performance (joli nom pour un plan social !!) que la Direction de DCNS a présenté aux organisations syndicales puis aux personnels avec une volonté de mise en œuvre dès 2016.

Tout y passe et tout le monde est visé !
1) Suppression de postes,
2) Départs volontaires, mutations, reclassements externes,
3) Remise en cause des accords OTT (horaires de travail),
4) Flexibilité, annualisation du temps de travail,
Etc.

En clair, qu’est-ce que ça signifie ?
1) Des départs non remplacés, transfert des personnels de soutien au fonctionnement vers une filiale, des licenciements.
2) Des processus de départ de l’entreprise contre paiement d’une prime, des mises à disposition de personnels à d’autres entreprises, etc.
3) Suppression des horaires variables et des horaires spécifiques aux ports, arsenaux, travaux à bord des bateaux, etc.
4) Travail forcé en cas de charge, prise de congé forcée en cas de sous activité.

Voilà ce que veut DCNS, entreprise en bonne santé avec des projections de charge à plusieurs années (plus de dix ans), pour ses personnels.

Pour la CGT, tout cela est inconcevable.

Une réunion se tenait jeudi 9 juillet au siège de DCNS, réunion que la Direction aurait souhaité être le premier rendez-vous de la négociation ; les représentants de la CGT y sont allés avec un message clair, pour la CGT, il est hors de question de discuter, de près ou de loin, de quelconques suppressions d’emplois internes à DCNS et encore moins de licenciements de personnels. La Direction a bien sûr nié l’éventualité de licenciements.

Les représentants CGT ont alors quitté la table, laissant chacun face à ses responsabilités.

Pour nous, cet accord de performance est irrecevable, nous l’avons fait savoir sur l’ensemble des sites DCNS en nous adressant aux personnels et nous les avons invités à se mobiliser dès la rentrée car seul un rapport de force conséquent pourra empêcher la Direction de DCNS et ses complices de mettre en place ce funeste plan social.

* Source ouest-France entreprise.fr

Ruelle sur Touvre, le 9 juillet 2015.
Thierry SEBIRE, délégué syndical CGT.